Les transports en commun de Berlin constituent un chapitre à part entière : des retards de la Deutsche Bahn, connus de tous, aux idées d’introduire la techno dans les stations de métro, en passant par les trains culturels dans lesquels musique et lectures font partie du voyage – il y a ici beaucoup à découvrir et à vivre. Il est vrai que c’est parfois éprouvant pour les nerfs : lorsque des trains sont annulés, que l’on attend une éternité ou que l’on se perd dans le réseau labyrinthique du métro. Mais certaines stations recèlent bien plus d’histoire qu’on ne le pense au premier abord. La station de métro Pankstraße, ouverte en 1977, en est un exemple. Derrière les murs, devant lesquels défilent chaque jour des milliers de passagers, se cache un abri antiatomique pour 3 300 personnes – construit en pleine guerre froide. Et ce qui est impressionnant : Il existe encore aujourd’hui presque dans son état d’origine. Lisez la suite pour en savoir plus sur ce morceau secret de l’histoire de Berlin.

Dans le quartier berlinois de Gesundbrunnen se trouve la station de métro Pankstraße, qui fait partie de la ligne U8. Cela semble tout à fait normal au premier abord – mais derrière cette station se cache bien plus qu’un arrêt ordinaire du métro berlinois. Le 5 octobre 1977, en pleine guerre froide, elle a été ouverte dans le cadre du prolongement de la ligne U8 de Gesundbrunnen à Osloer Straße – et a été construite en même temps comme ce qu’on appelle une « installation polyvalente » avec un abri antiatomique entièrement équipé. Chaque jour, des milliers de passagers s’y promènent sans se douter que derrière les murs se cachent des portes en béton et sous pression, des systèmes de filtration d’air et des salles d’urgence. La station a été construite de manière si réfléchie qu’elle aurait offert une protection à environ 3 300 personnes en cas d’urgence – y compris une cuisine de secours, des locaux sanitaires et une alimentation indépendante en air frais.
D’un point de vue architectural, la station est typique des années 1970 : des carreaux de céramique bruns, des revêtements en aluminium et une conception fonctionnelle et sobre caractérisent l’image. Depuis 2011, le site – y compris ses installations de protection civile – est classé monument historique. Même si l’on a du mal à s’imaginer de telles conditions aujourd’hui, la station de métro Pankstraße rappelle de manière impressionnante à quel point la vie quotidienne et la guerre froide étaient étroitement imbriquées à Berlin. A quelques mètres seulement sous la ville, se cache ici un morceau significatif et sombre de l’histoire berlinoise.